Partagez | 
 

 Jepharee Kilmister ✘ ❝ My own private Idaho.❞

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jepharee Kilmister
Détenu ~ Road's Devils
avatar

Messages : 2
MATRICULE : RD-0006-SJ


Votre Perso
Groupe et métier: Road's Devils | Ex-Second
Âge: 35 ans.
Amours: Célibataire

MessageSujet: Jepharee Kilmister ✘ ❝ My own private Idaho.❞   Lun 11 Mar - 4:52

«FICHE DÉTENU»




ÉTAT CIVIL

    ★ Nom : Kilmister.
    ★ Prénom : Jepharee.
    ★ Âge : 35 ans.

CASIER JUDICIAIRE

    ★ Raison de l'incarcération : Trafic d'armes.
    ★ Durée de la peine : 13 ans.
    ★ Incarcéré depuis : A peu près six mois.
    ★ Antécédents judiciaires : Quelques nuits en garde à vue pour des délits mineurs. (Légère provocation sur un policier, détérioration de bien public, excès de vitesse, querelle dans des bars.)
    ★ Appartenance à un réseau : Les Road's Devils.
    ★ Troubles notoires depuis le début de l’incarcération : Quelques semaines après son incarcération, il a été mêlé à une violente altercation avec d'autres détenus, ce qui a lui a valu quelques jours en isolement. Depuis, il est plutôt calme et ne semble pas du genre à chercher les emmerdes.

DOSSIER MÉDICAL

    ★ État physique :

    « Avance, le viking. »

    Ouais, rien de tel pour vous mettre à l'aise lors d'un contrôle médical en taule qu'une petite boutade destinée à s'foutre de votre gueule. Pourtant le comique qui sert de médecin n'a pas tellement thor tort en employant le mot viking. Physiquement, Jepharee aurait très bien pu en être un. Avec ses 1m93 pour 91 kilos, il n'est pas quelqu'un que l'on pourrait qualifier de fluet. Les muscles qui se dessinent sur ses bras et son torse trahissent les heures qu'il a du passer à faire de la gonflette. Peur de se faire traiter de gringalet ? Peut-être. Ses antécédents médicaux révèlent une santé plutôt solide si ce n'est une allergie aux arachides. Croquer dans une cacahuète le ferait sans aucun doute gonfler comme une baudruche. Ce ne serait pas beau à voir.

    « Pas droit aux M&M's, hein ? T'as du avoir une vie triste. »

    Jepharee ne bronche pas mais son regard acier répond pour lui. Ce qui serait triste, ce serait mes jointures sur tes gencives, Doc. Mais non, on reste sage. Parce que 13 ans d'inculpation, c'est déjà bien assez. Sa crinière blonde vient légèrement masquer son regard aux lueurs meurtrières. D'ailleurs, ses cheveux sont bien le seul élément qui pourrait faire penser à quelque chose de féminin chez lui. Il ne les a jamais portés totalement courts, les préférant contre ses joues. Mais ces dernières années, il s'est laissé aller et ils lui arrivent désormais aux épaules. Ils encadrent un visage aux traits plutôt harmonieux bien que légèrement durcis par sa mâchoire. Ses lèvres fines sont souvent entourées d'une barbe de quelques jours ainsi que d'un petit bouc quand l'envie l'en prend. Un sourire révélerait deux rangées de dents droites mais il ne semble pas vraiment d'humeur à faire risette pour l'instant. C'est dommage car un sourire transforme considérablement son visage. Surtout quand il atteint ses yeux bleus océans, les rendant bien plus chaleureux.

    « Retire ton caleçon et mets-toi face à moi. »

    Un grognement échappe à Jepharee. Normal, être nu en face d'un autre mec, c'est pas vraiment sa tasse de thé. D'ailleurs, il déteste le thé. On peut sentir en observant les courbes de son corps qu'il est tendu. Ses abdos parfaitement dessinés sont contractés, tout comme ses pectoraux. Surtout le gauche, qui tressaute légèrement. Il se tient bien droit sur ses jambes mais on peut sentir qu'il met moins de poids sur la gauche. Une cicatrice de balle orne sa cuisse gauche, il en a gardé un boitement presque imperceptible. A part pour un œil aguerri. Tout comme la cicatrice en forme de croissant de lune sur son genou droit, due à un accident de cheval quand il était gamin. Ses épaules sont tachetées de petites taches de rousseur. Ça t'apprendra à t'exposer au soleil avec une peau blanche comme ça. Ses grandes mains sont unies sur son sexe qu'il dissimule. Pas si désinvolte qu'il veut le faire paraître, hm ? A la requête du médecin, et après avoir grogné d'agacement, il dévoile finalement son entrejambe. La première chose qu'on remarque c'est que son pénis est énorme orné d'un Ampallang. Vous savez, un de ces piercings barbares, une tige traverse horizontalement la base de son pénis et également l'urètre.

    On s'attend pas vraiment à voir ça à cet endroit-là chez un motard. Comment sait-on que c'est un motard ? Pour commencer, avec ses fringues. Son épais blouson en cuir qu'il a été forcé de quitter pour le contrôle médical et qu'il ne remettra plus avant sa sortie. Ce n'est pas un mec qui réfléchit pendant des heures avant de choisir comment s'habiller. Des jeans, des T-shirts, des marcels. Ses solides Docs Martens et le voilà paré. Tant mieux s'il est pas compliqué, espérons qu'il aimera la jolie combi orange. Elle cachera ses nombreux tatouages. Même s'il en a déjà moins que la plupart des gars appartenant à des gangs qu'on voit défiler par ici.

    • ✘ Son biceps droit est orné de l'inscription « Live to ride, Ride to live » entourant un aigle en plein envol ainsi que le mot « Harley ».
      ✘ Tout près de l'aine, du côté droit, un tatouage représente trois marques de griffes rouges de sang.
      ✘ Sur l'arrondi de son épaule gauche, on peut voir un symbole tribal rond et complexe, qui déborde jusque sur le début de son biceps.
      ✘ Sur son flanc droit, une tête de mort est orné des mots « Live hard, run fast » en lettres manuscrites et entourées de flammes, reposant sur une bécane.
      ✘ A l'intérieur de son poignet gauche, on peut lire « Knockin' on Heaven's door », entouré de quelques notes de musique.


    Niveau piercings...On va dire que celui qu'il a en bas lui suffit. Il n'aime pas qu'on l'observe sous tous les angles comme ça, c'est agaçant. Il se sent comme une dinde à un concours de Thanksgiving. Mais ce ne sera pas l'seul à y passer.

    « Suivant ! »

    ★ État mental :

    Jepharee, c'est avant tout une vraie tête de mule. Le genre de mec capable de pousser une porte sur laquelle c'est inscrit « Tirer », juste parce qu'il est persuadé qu'en poussant ça marche aussi. Autrement dit, il n'aime pas reconnaître quand il a tort. Il se contentera d'émettre un grognement vaincu qui signifiera « Ouais bon, j'admets que t'as raison mais si jamais tu me le fais remarquer, j't'attache à ma bécane et je t'emmène à Acapulco ». Pourquoi Acapulco ? Peu importe. Malgré les airs un peu revêches qu'il arbore parfois, il est d'un naturel souriant et blagueur. Surtout avec les nanas qui lui plaisent. Même s'il a une attirance pour les mecs qu'il ne laisse pas toujours s'exprimer. Juste avec les vraiment bandants. Ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas ? Bon, remplissons le profil Meetic de Jepharee Kilmister. Il aime les chevaux, les bécanes, le saumon fumé et les longues balades sur la plage au coin du feu. Il n'aime pas les escargots, l'odeur du maquillage et les cacahuètes. Il est super bien préparé à une invasion de zombies, par contre il aura tendance à paniquer s'il croise un mille pattes. Mais paniquer virilement hein, pas comme une chochotte.

    C'est quelqu'un de franc, un peu trop d'ailleurs. Au point que cet aspect de sa personnalité se range plus facilement dans défauts que dans qualités. La façon dont il a été élevé en a fait un mec plein de frustrations et c'est ce qui le motive à vivre à cent à l'heure. Faire ce qui lui passe par la tête, même s'il s'agit de la pire connerie. Il fusillerait tous les « Et si... » s'il pouvait. Ajoutée à ça, il y a son impulsivité. Ben oui, ça aurait bien trop facile d'être quelqu'un de calme, posé, qui réfléchit mûrement à ses actes. A 36 ans, Jepharee a parfois des réactions très immatures. Avec tout ça, on se dit, mais où sont les qualités ? Sous les muscles ? Sous les cheveux ? C'est un mec très généreux, on peut même dire qu'il a le cœur trop tendre parfois. Il a failli se faire jeter de son motel quand il était jeune parce qu'il y avait fait rentrer tous les chatons affamés qu'il croisait. Ouais, à 22 ans, c'était déjà une vieille entourée de chats. Mais sa vie auprès des Road's Devils l'a quand même endurci. Il a perdu beaucoup de sa naïveté et de son idéalisme aussi. Sans pour autant devenir trop terre à terre. Il croit fermement qu'un jour, les bécanes pourront voler.

    Il aime les choses simples, c'est en partie pour ça qu'il ne se voyait pas à la tête du domaine Kilmister. Sur une selle de cheval face au soleil couchant, pourquoi pas. Mais derrière un gros bureau dans un costume Armani, très peu pour lui. Il a juste un vice luxueux caché : son shampooing. Il coûte la peau du cul. Faut dire qu'il aime prendre soin de ses cheveux, même s'il le cache du mieux qu'il peut. Hé, une chevelure aussi soyeuse, ça demande des efforts.

    Il déteste le reconnaître mais quand il est bourré, il lui arrive d'être trop bavard par rapport à ça. Ses parents lui manquent et il a une sorte de « papa complexe car j'ai eu un papa pourri ». A son arrivée chez les Road's, il a beaucoup admiré Stan, et il l'admirera sûrement toujours. Mais il lui a fallu un long moment avant qu'il arrête de s'le figurer comme un substitut paternel. C'est aussi pour cela qu'il évite de trop s'attacher aux personnes, mêmes celles très proches de lui. Mais il a le cœur mou parfois, surtout quand il boit. Donc être bourré, il évite. Parce que s'il aime dire aux autres la vérité en face, il se ment très facilement à lui-même. Mais l'alcool le rend beaucoup trop lucide, surtout qu'il le tient moins bien que ce qu'il fanfaronne. C'est comme la clope. Il a commencé par influence plutôt que par réelle envie. Mais maintenant, c'est devenu pire qu'une habitude. Il en a toujours une en main. Parlons-en de ses mains aussi ! Il est ambidextre. Il peut écrire de la main droite et jouer du piano de la gauche en même temps. Enfin, il pourrait s'il avait un piano.

    Oh, une dernière chose, il a déjà conduit sa moto jusqu'à en avoir des fourmis dans les fesses. Et c'est franchement pas agréable. Alors faites une pause quand vous conduisez une bécane, parce que les fesses engourdies, ça met du temps à partir.

BIOGRAPHIE


    “ This is a story about control. My control.

    Control of what I say,

    Control of what I do,

    And this time, I'm gonna do it my way.”





    Le vent dans les cheveux, qui ébouriffe tout sur son passage. Non, ce n'est pas une pub L'Oréal. Là, c'est la véritable bourrasque. Celle qui vous laisse la peau hérissée de frissons, qui vous fait claquer des dents, qui fait monter les larmes aux yeux. Même lorsqu'on est un gros dur qui n'a peur de rien. Les poils de sa nuque se dressent. Sa peau toute entière frissonne. Est-ce de froid ou d'excitation ? Il ne sait pas, sans doute les deux. La Bête rugit entre ses cuisses. Chaude, frémissante, elle est comme le prolongement de son corps. Ses cheveux viennent lui gâcher en partie la vue et il les chasse d'un mouvement de tête hargneux. Rien ne le détourne de l'horizon qui s'étend devant lui. Comme tellement de possibilités. Pas de limites. Ses doigts le démangent et soudain, il accélère encore un peu plus. Il ne le devrait pas, il le sait. Mais la raison est bien peu de choses face au plaisir que lui procure cette chevauchée sur sa bécane. Il se penche légèrement pour amorcer le virage qui s'annonce. Quand, tout à coup, une montagne gigantesque se dresse devant lui. Pas moyen de l'éviter, elle prend toute la place. Elle fronce les sourcils, les poings sur les hanches. Attends. M...

    «...Maman ? »

    - Qui d'autre ? Il est plus que temps de te lever, Jepharee !

    Seul un grognement échappa au jeune homme qui se terra au fond de son lit, à la recherche de son beau rêve gâché par les soins de sa mère. Mais celle-ci ne lui en laissa pas le loisir et tira sur la couverture, ouvrit les rideaux d'un habile mouvement du poignet et quitta la pièce en laissant une effluve de parfum à 300$ le flacon derrière elle. Jepharee comprenait un peu plus chaque jour pourquoi il y avait le mot 'mère' dans amère. Car c'était ce goût que le rappel à la réalité avait laissé dans sa bouche. Il s'étira longuement et traîna des pieds jusqu'à la salle de bains dont il claqua la porte.

    - Et ne claque pas la porte de la salle de bains !

    ...Ggggrrmmmbl. Il avait seulement 17 ans. Mais il rêvait déjà désespérément d'échapper à cette vie.



    ~
    “Place your past into a book.
    Burn the pages.
    Let them cook. ”


    Elizabeth Hill. Demandez en ville si quelqu'un la connaît, ils vous diront que non. Jamais entendu ce nom-là. Mais si vous remplacez ce joli nom par « Betty la loubarde », là les gens pourront vous répondre. Et vous indiquer la longue route qui chemine à travers le désert et la poussière. Celle qui mène jusqu'au Domaine Kilmister. Ça en jette, non ? L'un des terrains les plus imposants de la région. Ils sont connus pour leur magnifique élevage de chevaux et de bétail. Quoi ? Comment Betty a atterri là-bas ? Ah ça...A l'époque, c'était la source de ragots numéro un. Certains disaient qu'elle avait joué sa liberté au poker et l'avait perdue. D'autres encore racontaient qu'elle avait envoûté le premier fils Kilmister pour qu'il tombe raide dingue d'elle. C'était son bien son genre à la Betty, elle était tellement barrée. Ses cheveux blonds coiffés à l'iroquoise, ses yeux bleus cernés de noir qui projetaient des flammes aussi ardentes que l'enfer. Son déhanché qui faisait bander tous les gars bien portants de la région. Elle traînait pas mal avec des bandes de mecs peu fréquentables. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs rejoint des gangs de motards. Un surtout. Les Road's Devils. La Betty elle aurait sans doute fini sa vie avec l'une de ces racailles, peut-être même avec plusieurs. Mais si vous toquez poliment à la porte d'entrée de ce grand domaine et que vous demandez à voir la maîtresse des lieux, alors vous en tomberiez sur le cul. Elle en a fait du chemin l'orpheline insolente.

    Ne comptez pas sur elle pour vous raconter son histoire. Betty, c'était le genre de fille qui pouvait avoir qui elle voulait quand elle voulait. Et elle ne s'en privait pas. Certaines mauvaises langues diraient qu'elle distribuait son amour, faute d'en avoir reçu quand elle était gamine. A partir du moment où vous aviez une bécane, du cran et que vous n'étiez pas trop vilain, elle était prête à vous emmener faire un tour sur ses collines. Un truc lui est tombé dessus ensuite. Quelqu'un plutôt. Stan. Il avait une bécane, assez de cran pour remplir tout le Grand Canyon et surtout, il avait le cœur de Betty au creux de la main. Ils sont restés un, deux, ou peut-être trois ans ensemble. Ils passaient tellement de temps à se foutre sur la gueule puis à se réconcilier que personne ne peut dire combien de temps ils ont été en couple. Et puis ce mec est arrivé.

    Rutherford Cotton Kilmister, troisième du nom. Il arrivait tout droit de New-York où il avait fait ses études. Son père venait de mourir et c'était donc à lui que revenait le domaine Kilmister. Son petit frère, rendu infirme par un accident de rodéo, n'était pas une menace dans la course à l'héritage. Tout le monde se disait qu'il épouserait sans aucun doute une jeune femme de bonne famille, une héritière d'une quelconque entreprise voisine. Pourtant, Rutherford tomba sous les charmes de Betty. Ouais, la loubarde sans manières. Personne ne sait comment ces deux-là ont bien pu se rencontrer mais ça n'a sûrement rien de très reluisant. Le fait est que, contre toute attente, Betty ne se contenta pas de flirter avec lui pour lui pomper son fric. Quelques mois plus tard, ils étaient fiancés, puis mariés et déjà...parents. Jepharee Frank Kilmister venait de naître. Il ne devint pas Rutherford quatrième du nom car Betty, pardon Elizabeth, trouvait que c'était un prénom à coucher dehors.

    Le nouveau chef de la famille Kilmister détestait les motards, tout comme son père avant lui. Faire de leur vie un enfer était presque une tradition familiale. Et Rutherford ne comptait pas y déroger. D'autant plus que Stan, l'un des piliers des Road's Devils, avait été le grand amour de Betty. Leur créer des ennuis est un réel plaisir et les flics ne sont pas trop difficiles à corrompre. Ce qu'en pense Betty ? Eh bien...Elle est devenue Elizabeth à présent. Une femme respectable. Mrs Kilmister. Ses cheveux sont coiffés en un carré blond parfait. Non, vous ne rêvez pas, elle porte bien un CARDIGAN. Ainsi qu'un collier de perles. Si vous n'êtes pas trop mal fringué, elle pourrait même vous inviter à boire un petit thé. Texane jusqu'au bout des ongles mais saupoudrée de classe britannique, la Elizabeth. Mais ça...Ce ne sera sûrement pas possible si vous voyez un garnement blond aux bottes crottées poursuivre l'un de leurs nombreux chiens. Faisant autant de dégâts que l'ouragan Katrina.

    « Jepharee, reviens ici tout de suite ! Laisse ce chien ! Oh mon dieu ! Tu sais combien coûte cette tapisserie ?! »

    Elle vous offrira un petit sourire crispé mais ses jolis yeux vous feront passer un message très clair. Ce fut un moment délicieux. Maintenant, ayez l'obligeance de dégager.

    Cordialement.


    ~
    “ I don't wanna rule the world,
    Just wanna run my life. ”


    - Ton père et moi t'avons tout donné ! Ces ordures avec qui tu traînes, elles rêvent de ta vie à toi ! Put...

    Elizabeth ravala à temps le juron qui s'apprêtait à lui échapper. Quand elle était énervée, son accent texan à couper au couteau ressortait, ainsi que son répertoire d'insultes bien fourni. Elle quittait enfin ses airs guindés de britannique à deux sous. Elle redevenait Betty la loubarde. La part d'elle que Jepharee aurait aimé connaître.

    « Eh ben moi j'en veux pas. J'veux la vraie vie, celle que toi tu as déjà connue. »

    - C'était merdique ! Il n'y a rien de bon dans cette vie. Ce n'est pas pour rien que j'ai tout fait pour la quitter !

    « Alors pourquoi tu gardes ces photos ? »

    Il sortit une poignée de polaroids de la poche arrière de son jean et les exhiba sous ses yeux. Sa mère resta un instant bouche-bée, se contentant de fixer les clichés. D'elle. De son ancienne bande. Ces moments de bonheur figés dans le temps. Du moins, c'était l'image que les sourires immortalisés sur le papier glacé renvoyaient.

    - Ce n'est pas ce que tu crois..., Soupira-t-elle.

    « Peu importe ce que je crois, Maman. T'as choisi ta voie. Je choisis la mienne. »

    Elle émit un rire si amer qu'il avait presque l'air dément. Elle avait tout fait pour protéger son fils de cette vie, lui offrir le meilleur. Tout ça pour le voir partir en courant dans la mauvaise direction ? Sûrement pas.

    - Une voie ? Tu appelles ça une voie ? Tu n'es qu'un gamin que j'ai trop gâté. Tu vas te retrouver à la rue. Je ne te laisserais pas tout foutre en l'air, Jepharee.

    « Ouais, t'as raison. Ce petit plaisir t'est réservé. »

    Le jeune homme réalisa que sa mère venait de le gifler uniquement quand sa joue se mit à picoter. Il n'était même pas en colère. Bien au contraire. Cela faisait du bien de voir qu'il n'avait pas été élevé par un robot-femme.

    - Je...

    « Ce que tu viens d'faire, ça s'appelle avoir des émotions et les montrer. Quand j'étais gamin, t'aurais du commencer par ça. Pas me baffer, hein...Je parle d'être toi. »

    Il redressa sur son épaule son sac rempli de quelques affaires et tourna les talons. Se dirigeant vers la porte d'entrée derrière laquelle se trouvait sa vieille mobylette. Sa mère n'avait pas tort. Il avait été trop gâté et ignorait presque tout de ce qu'il l'attendait une fois qu'il aurait franchi ce seuil pour de bon. Mais bordel, que ça faisait du bien pour une fois de ne pas savoir. De ne pas avoir de planning tout tracé pour la journée. Ne fais pas ci, ne dis pas ça. Il espérait bien ne plus jamais entendre une phrase de ce genre de toute sa vie. Aussi précaire soit-elle à l'avenir.

    - Si tu pars, ce ne sera pas la peine de revenir, je te préviens.

    Ah. Betty semblait avoir de nouveau laissé la place à Elizabeth l'impitoyable. Son ton était froid et dur. Jepharee pouvait presque sentir sur sa nuque la morsure acerbe de son regard acier. Elle ne plaisantait pas. Ça tombait bien, lui aussi était très sérieux. Il avait déjà 22 ans. Plus question de perdre encore du temps à réaliser ce que ses parents espéraient de lui. Ses parents...Il aurait plutôt du dire sa mère. Son père n'était jamais là. A part quand il s'agissait de graisser la patte des flics pour qu'ils cherchent des emmerdes aux gangs de motards de la région.

    « Je ne reviendrais pas. Quand Betty voudra me revoir, elle saura où me trouver. »

    Il quitta vivement le hall, faisant un signe de tête à quelques employés de maison qui étaient tapis dans un coin du corridor, à écouter. Avant d'enfourcher sa mobylette, il ne put s'empêcher un dernier regard vers les nombreux enclos qui s'étendaient devant lui. Ses chevaux. En disant adieu à ce Domaine, il leur disait adieu également. Depuis l'âge de 13 ans, il montait déjà à la perfection. Il y avait bien eu un moment dans sa vie où il s'imaginait à son tour maître de tout ce que possédait son père. Mais il réalisa bien vite que cela ne consistait pas à jouer au cowboy sous le soleil ardent. Il fallait porter des costumes guindés, passer ses journées derrière un bureau et d'autres trucs tout aussi réjouissants. Pour suivre les traces de son père, il aurait fallu que celui-ci soit bien plus présent. Pendant un moment de sa vie, quand il n'avait que cinq ou six ans, Jepharee avait même commencé à croire que Joe était son père. Joe s'occupait des chevaux de la famille Kilmister depuis presque 30 ans. Il portait rarement des fringues qui n'étaient pas maculées de terre, son ton était bourru, ses mains calleuses. Mais il avait appris à Jepharee à apprécier sa vie au ranch. Monter à cheval, s'en occuper et même comment réparer un tracteur. Mais rien de tout cela ne figurait dans la liste de ce qu'un héritier respectable devait savoir. Il avait à peine dix quand il clama que, plus tard, il souhaiterait faire le même métier que Joe. Ce dernier fut renvoyé.

    Ouais, il avait eu de bons souvenirs dans ce domaine. Mais les mauvais les ternissaient, renforçant sa volonté de mener la vie dont il rêvait. Pas de nostalgie, il aurait tout le temps pour cela quand il serait vieux et sénile. Les derniers doutes qui persistaient s'évanouirent dans la fumée de son pot d'échappement quand il démarra en trombe, sans se retourner.

    J'suis parti de chez moi. Et maintenant, j'fais quoi ?

    ~
    “ Alors c'est ça être adulte ?
    Avoir un compteur qui affiche 220 et ne jamais dépasser le 60. ”


    Il avait attendu la nuit pour se rendre dans le bar de la ville le plus fréquenté par les motards. Il appartenait sans doute à l'un d'entre eux. Jepharee était garé à quelques mètres de là, à l'abri d'une ruelle discrète. Ses mains étaient moites et la tentation de rentrer chez lui pour changer d'avis était forte. Après tout, il ne savait rien de ce qui l'attendait une fois qu'il franchirait la porte de cet endroit. Il ne serait qu'un gamin à leurs yeux. Et un fils de riches par dessus le marché. Mais il ne voulait pas être connu comme le rejeton Kilmister. Il ne voulait pas devenir comme son père. Cette certitude balaya ses hésitations et il enclencha sa mobylette pour s'avancer jusqu'au « parking » de motos qui se trouvait devant le bar. Son pauvre petit engin paraissait bien ridicule à côté des monstres rugissants des motards. Mais il savait qu'il aurait lui aussi un modèle imposant un jour. Il mit le pied à terre, rajusta ses fringues sans savoir pourquoi et poussa la porte du bar.

    L'étiquette « J'suis perdu » semblait tatouée sur son front car presque tous les regards se portèrent sur lui et le brouhaha se fit plus discret. Ses doigts se crispèrent sur la lanière de son sac et il se racla la gorge pour dire quelque chose, avant d'être pris de court.

    - Si tu cherches un bar lounge, tu t'es gouré d'endroit, gamin.

    Cette remarque provoqua quelques rires et Jepharee rassembla son courage pour lancer d'une voix claire bien que ses jambes tremblaient légèrement :

    « J'veux devenir un motard ! »

    Un silence se fit avant que cette fois, chacun des hommes et femmes présents n'éclatent de rire. Le jeune homme se renfrogna instinctivement, il n'aimait pas particulièrement qu'on se foute de sa gueule.

    - Tu vas pas aller très loin avec ta bicyclette.

    « C'est provisoire ! Je compte bien m'en dégoter une vraie, de bécane. »

    Quelques rires retentirent à nouveau avant que la plupart des mecs présents ne se désintéressent de son cas et retournent à leurs occupations. A savoir boire et tripoter les femmes présentes, qui semblaient tout aussi fortes et assurées qu'eux. Pas décidé à abandonner aussi vite, Jepharee s'avança jusqu'au bar pour commander une bière. Un homme le fixait, un sourire indéchiffrable aux lèvres.

    - C'est quoi ton nom, gamin ?

    « Jep...frey. Jeffrey Kallahan. »

    Le mec haussa un sourcil amusé et ne dit rien, reportant son attention sur son verre en faisant signe au barman de le lui remplir. Quand vint son tour de passer sa commande, l'homme au bar tendit la main vers lui avant de le servir. Jepharee s'empressa de le payer mais le mec secoua la tête, grognant d'un ton un peu bourru.

    - Ta carte d'identité.

    ...Quoi ? C'était quand même écrit sur sa gueule qu'il était déjà majeur. Juste à côté de l'étiquette « 'Jsuis perdu ». Et puis c'était le dernier endroit où il aurait cru qu'on lui demanderait ses papiers. Il avait été bien naïf de croire que motards rimaient entièrement avec hors-la-loi. Il étouffa un juron entre ses doigts et présenta sa carte à contrecoeur. Le barman renifla en voyant son âge et il tendit la carte à l'homme qui était assis au bar. Celui-ci se tourna complètement vers lui, la méfiance ayant remplacé l'amusement dans son regard.

    - Kallahan, mon cul ouais. Qu'est-ce que le rejeton Kilmister vient foutre ici ? Espionner pour papa ?

    A la simple évocation de ce nom, il entendit des chaises racler le sol et Jepharee se retrouva bien vite entouré d'une demi-douzaine de mecs qui n'avaient pas l'air de vouloir lui souhaiter la bienvenue. Il était évident que les Roads devaient haïr son cher paternel. A cause de lui, la plupart d'entre eux avaient sans doute déjà passé plusieurs nuits en taule. Si ce n'est plus.

    « Non, je.. »

    Sa réponse s'étouffa dans sa gorge car il fut saisi par le col de sa veste. Par la poigne du mec du bar, qui s'appelait Stan si on pouvait en croire le nom inscrit sur l'avant de son blouson de cuir. Malgré ça, il ne baissa pas docilement les yeux et affronta les orbes qui le sondaient tout entier. Jepharee voulait lui faire comprendre qu'il n'était pas là sur l'initiative de son père, ni sur un coup de tête, une envie puérile. Cela faisait déjà longtemps qu'il rêvait de pouvoir rencontrer des mecs comme eux. De se mêler à leur bande. D'être l'un des leurs. Ça pouvait sonner irréfléchi dit comme ça, comme un caprice, mais ce n'en était pas un.

    « C'est pas mon père qui m'envoie, je me suis tiré de chez moi ! »

    - Et on va voir les flics débarquer bientôt pour kidnapping de fils à papa ?

    « Non ! Je veux vraiment intégrer votre bande. »

    Stan le relâcha et il put respirer à nouveau normalement. Non pas qu'il ait été étouffé, il avait juste retenu son souffle tout le temps de l'altercation. De peur. Car ouais, vu de près, ces mecs étaient assez flippants. Surtout quand ils pensaient faire face à un ennemi. Jepharee serra les dents de frustration en sentant que ses jambes tremblaient légèrement et il savait que le motard l'avait perçu lui aussi. Mais ses traits se firent de nouveau neutres et il lui donna un petit coup dans l'épaule.

    - Rentre à la maison, gamin. C'est pas pour toi, cette vie.

    « Pfff, on croirait entendre ma mère. Si cette vie est si merdique, alors pourquoi vous la vivez, hein ? »

    - Je dis pas qu'elle est merdique, je dis qu'elle n'est pas pour toi, Kilmister Junior. Les gars, montrez-lui la sortie.

    L'un des mecs près de lui, qui ressemblait à une montagne de muscles ornée d'une moustache, effleura son épaule mais il se dégagea et quitta de lui-même le bar. Mais Jepharee revint le lendemain soir. Et le soir d'après encore. Encore et encore. Pendant presque deux mois. Il vivait de petits boulots de réparation qu'il faisait dans le motel où il séjournait. Jusqu'au soir où il rentra dans le bar et qu'aucune remarque moqueuse ne retentit. Juste un raclement de tabouret près du bar, pour qu'il vienne s'y asseoir.

    - Alors c'est c'que tu veux, hein ?

    La question qu'il avait attendu toute sa vie.


    ~
    “ Mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l’héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét’, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy... ”



    Ses mains pleines de cambouis. Pas que ses mains d'ailleurs, il devait en être maculé jusqu'au cou. Mais il s'en foutait. Parce que c'était la place qui lui convenait. Il n'avait jamais été fait pour les études, même s'il avait apprécié ses années de lycée. Il faut dire que, jusqu'à ses 15 ans, il n'avait connu rien d'autre que des précepteurs privés. Ennuyeux à mourir. Il avait crié, hurlé, s'était débattu. Jusqu'à ce que sa mère accepte qu'il poursuive ses études dans le lycée du coin. L'adaptation n'avait pas été facile, surtout quand sa mère insistait pour qu'il aille en cours avec un chauffeur. Mais son naturel sociable lui avait tout de même permis de s'intégrer en partie et il s'était fait quelques amis.

    Il aurait pu, comme son père, poursuivre ses études dans l'une des grandes villes du pays. Apprendre sur ses traces et reprendre l'affaire Kilmister. Mais non, pas pour lui. Pourquoi ?
    Parce qu'un moteur de Harley, ça sentait juste comme il se l'imaginait. Sa première moto. Et ce n'était même pas une épave. Au début, il avait cru que les Roads lui dégoteraient deux roues, un peu de tôle et le laisseraient se débrouiller avec. Histoire de continuer à tester sa volonté de les rejoindre. La Harley était capricieuse, changeante. Un jour, elle roulait sans faire des siennes, un autre elle lui crachait le contenu de son pot d'échappement à la figure. Jepharee l'appela Betty. Il dut attendre un moment avant de pouvoir la chevaucher, le temps de passer son permis moto.

    - Tu sais, j'l'ai bien connue la Betty.

    Jepharee sursauta, il était concentré sur sa mécanique et ne s'attendait pas à ce qu'on lui parle. Et surtout à ce que ce soit Stan qui lui parle. Il ne le voyait pas souvent. En tant que chef de gang, il avait évidemment mieux à faire que de traîner avec un mec tout juste recruté. Le blond s'essuya les mains et se redressa, désignant le flanc de sa moto.

    « Cette Betty ? »

    - J'parle de ta mère, crétin.

    Jepharee détailla intensément Stan, essayant de se souvenir si son visage se trouvait sur l'un des polaroids qu'il avait trouvés dans les affaires de sa mère. Mais ils étaient de trop mauvais qualité, usés par le temps, pour qu'il puisse en être sûr.

    « Ouais...Je sais qu'elle traînait avec des motards avant. »

    - Avec nous, surtout. On était inséparables, elle et moi.

    « T'es en train d'me dire que t'aurais pu être mon père ? »

    Le jeune homme avait lancé ça d'un ton badin, trop plaisantin pour qu'il le pense réellement mais le silence de Stan lui fit froncer les sourcils. Ce dernier se contenta d'émettre un rire de gorge, d'écraser sa clope au sol et de lui flanquer un coup dans l'épaule.

    - Si j'avais été ton père, t'aurais pas ce corps de mauviette.

    Et il partit sur ces derniers mots, laissant Jepharee avec la tête en vrac. Non, Stan n'était pas son père. Mais bordel qu'il aurait aimé qu'il lui ressemble ne serait-ce qu'un peu. Il ne perdrait pas de temps à penser à des « si », des « ou » ou pire des « si seulement » ! Cela faisait déjà plus d'un an qu'il était parmi les Roads et il sentait que ceux-ci commençaient à le voir comme l'un des leurs. Ça n'avait pas été facile, son nom ne l'aidait guère. Certains se méfiaient encore de lui, il le sentait. Mais il saurait faire ses preuves.
    Il souleva son T-shirt tâché et fusilla du regard ses maigres abdos. Dès le lendemain, musculation intensive ! Déjà qu'il était le bleu du groupe, il ne voulait pas en plus passer pour une mauviette.

    ~
    “ She made you take your clothes off
    And go dancing in the rain. ”



    - Tu en as une belle, dis donc.

    « Hum...Merci. »

    - Tu sais ce qui lui irait bien ?

    « ...Hum ? »

    -Un piercing.

    « ...Quoi !? Hey, j'veux pas un truc de tantouze. »

    - Crois-moi, faut être un mec en acier pour supporter la douleur. Et l'abstinence.

    « Mais... »

    - Stan n'a pas bronché quand je lui ai fait le sien, c'était tellement viril...

    « Stan en a un ? »

    - Ouais.

    « Bon...Tu fais ça bien, hein ? »

    Un sourire répondit à la question de Jepharee avant que des lèvres ne viennent le conforter dans le fait qu'effectivement elle savait s'y prendre. Pour les fellations et les...piercings au pénis. Il n'aurait jamais cru qu'il laisserait un jour quelqu'un toucher à son sexe dans ce but là. Mais il l'avait fait. C'était sûrement la beauté de cette femme ou bien tout l'alcool qu'il avait ingéré ce soir-là. Bordel, les deux mois de cicatrisation, il les avait sentis passer. Il avait du renoncer à chevaucher sa moto également. Il avait presque du se passer de porter quoi que ce soit comme fringue en dessous de la ceinture. Et subir les moqueries de la bande.

    Il s'en foutait, Stan aussi en avait un. Pas vrai ?

    Pas vrai !?


    ~
    “I want it all,
    And I want it now.”


    - Merde...Il nous faut un autre lieu pour samedi prochain.

    - Pourquoi ?

    - Les flics sont venus fouiner, j'ai repéré un mouchard l'autre jour.

    - Fait chier, il était super pratique cet entrepôt.

    - Ouais, j'sais. Va falloir improviser.

    L'oreille de Jepharee était tendue en direction de la discussion entre Stan et un autre des gars de la bande. Il ne se sentait pas comme un fouineur puisque ces histoires le concernaient tout autant à présent. Ouais, il était un Road's Devil à part entière. Cela faisait bientôt quatre ans qu'il était parmi eux et chacun semblait s'être fait à sa présence. Et même l'apprécier. Il faut dire qu'il s'y impliquait tellement que c'était difficile de croire qu'il n'avait pas baigné toute sa vie dans ce milieu. Bon, au début, il ignorait tout de ce que faisaient réellement les Roads. A savoir en partie leur boulot de chasseur de prime ou les divers trafics. Mais ils étaient bien loin des vulgaires gangs des grandes villes, à dealer de la beuh bon marché ou ce genre de conneries. Non, ils avaient leur propre conception de la justice, qui allait bien au delà de celle des flics. Cette vision de la réalité était tout sauf objective mais Jepharee appartenait à ce groupe, cette famille à présent. Il n'avait pas besoin de se montrer objectif.

    Néanmoins, il savait qu'il avait encore besoin de faire ses preuves. Pour se hisser au delà du rang auquel il était assigné. Il ignorait lui-même d'où venait cette ambition. Peut-être à cause du respect qu'il pouvait voir dans les yeux de chaque Roads quand ils regardaient Stan, leur chef. Oh, il n'était pas assez bête pour vouloir prendre sa place. Mais devenir Second était secrètement devenu son objectif. Il voulait définitivement rayer ce qui était associé à son nom de famille. A son arrivée dans le gang, la plupart des anciens le jugeaient comme un p'tit bourge venu chercher du dépaysement. Qui reviendrait leur mener la vie dure en brandissant l'étendard de son père dans quelques années. Mais ils avaient été forcés de voir que Jepharee était toujours parmi eux, et il n'avait pas l'intention d'en bouger.

    Et ce malgré le fait que son père, Rutherford, soit venu le voir de nombreuses fois. Il était absent de la maison quand son fils était parti pour rejoindre le gang des Roads, mais dès qu'il l'avait su, il avait accouru pour tenter de le ramener dans le droit chemin. Jepharee avait eu droit à tout. Les promesses, les discours père-fiston, les supplications viriles. Et pour finir, les menaces. Que Kilmister Senior avait d'ailleurs à mis à exécution plusieurs fois. Offrant à son rejeton adoré quelques nuits en garde à vue qu'il jugeait bien méritées. Mais cela n'avait fait que renforcer sa volonté de poursuivre dans cette voie, la seule qu'il imaginait pour son avenir.

    Cependant, être un Kilmister n'avait pas que des inconvénients. Le domaine de sa famille s'étendait loin, beaucoup trop loin. Au point que beaucoup de zones inoccupées par le bétail avaient été laissées à l'abandon. Redevenant presque une terre sauvage. Parmi l'un de ces endroits se trouvait une vieille grange qui semblait trop en ruines pour servir à quelque chose mais elle n'avait pas été rasée. Jepharee y allait souvent, avec le vieux Joe, quand ils étaient d'humeur à chevaucher loin du domaine. Il se leva de sa chaise et s'approcha de Stan, interrompant effrontément sa conversation :

    « J'crois que j'ai la solution à notre problème. »

    ~
    “There's a stranger in my bed,
    There's a pounding in my head...”


    Jepharee adorait le soleil.
    Même quand il l'agressait en pleine tête à six heures du matin, il était heureux de l'accueillir. C'était tout de même un réveil plus agréable qu'une sonnerie stridente ou pire, les cris de sa mère. Ça faisait presque huit ans qu'il ne les avaient pas entendus ceux-là, d'ailleurs.

    Il roula dans son lit pour prendre sa position préférée : l'étoile de mer. Mais il buta contre quelque chose sur son flanc, quelque chose de vivant apparemment. Il avait beaucoup bu la veille et tenait moins bien l'alcool qu'il le prétendait. Il espérait juste qu'il n'avait pas fini avec Mona, Shane le tuerait. Les yeux encore paresseusement clos, il tourna la tête vers l'inconnue dans son lit et son nez vint se caler contre une joue. Râpeuse. Tout son corps se tendit et il ouvrit précipitamment les paupières, retenant un vrai cri de gonzesse bien aigu en voyant que non, ce n'était pas une femme à barbe dans ses draps. Mais bien un homme à barbe. Il se redressa en position assise et sa première pensée fut pour son cul.

    - T'en fais pas, joli cœur. Cette nuit, c'était moi le receveur. Et ça t'a bien plu parce que tes lancés n'étaient pas mal du tout.

    Le blond sursauta presque à l'entente de cette voix rauque. Rickey. Ça lui revenait maintenant. C'était un vieux pote de Stan, venu de Californie. Il était arrivé la veille au soir. Mais ça n'expliquait pas comment il avait atterri dans son lit, et à poil en plus de ça. A faire des métaphores tordues entre le baseball et de la...baise. Rickey se redressa à son tour et son épaule effleura celle de Jepharee qui fit presque un bon de côté, aussi ridicule qu'un chat mouillé.

    - Rah, pitié. Joue-moi le mec amnésique, le mec rempli à ras bord de virilité, qui me casse la gueule et me vire du lit. Joue-moi tout c'que tu veux sauf la pucelle effarouchée.

    « J'suis pas...comme ça. »

    - Quoi, comme ça ? Une tapette, une gonzesse ? J'te rassure, ce qu'on a fait hier soir, y a que deux mâles en rut qui pouvaient l'faire.

    Jepharee se mordit la lèvre malgré lui. Ce n'était pas des bribes de souvenirs qui revenaient, mais tout un flash-back, avec les gros plans et les ralentis. Il avait eu envie de Rickey, il y avait participé activement à toute cette connerie.

    «...N'en parle pas à Stan. »

    - Mais qu'est-ce que ça peut lui foutre qui tu t'envoies, sérieux ? T'es pas devenu Second parce que tu baises des nanas, à c'que je sache. Et regarde l'aut' là, Garrett. Il pète la virilité, hein ? Mais j'sais qu'il s'envoie des mecs aussi.

    La conscience de Jepharee ne cessait de lui brailler que ce n'était pas «okay » de tripoter des bananes au même titre que des huîtres. Mais il n'était pas du genre à se mentir à lui-même très longtemps. Il avait couché avec un mec et il avait été assez lucide pour y participer activement, apparemment. Rickey combla l'espace entre eux, l'acculant contre le mur et une fossette se creusa dans sa barbe de trois jours quand il lui sourit.

    - Sors un peu des jupes en cuir de Stan, Jeph'. T'es prêt pour le match retour ? Après, on rentre sagement aux vestiaires.

    Le blond marmonna un 'Fait chier' et joignit ses lèvres aux siennes juste pour qu'il la ferme avec ses conneries de métaphores sur le sport. Juste pour ça.


    ~
    “Your life will never be the same,
    On your mother's eyes.
    Say a prayer...
    Say a prayer ! ”


    De la lumière blanche qui agresse les yeux, même quand ils sont fermés.
    Ça, c'est pas le soleil.

    Il remua les poignets et un cliquetis métallique retentit. Un sourire paresseux étira ses lèvres tandis qu'il essayait de se remémorer avec qui il avait pu s'amuser hier soir pour se retrouver menotté au lit. Une odeur de désinfectant lui fit froncer le nez et il ouvrit enfin les yeux. Les policiers qui se trouvaient face à lui n'avaient rien de glamour eux, en tout cas. L'option soirée érotique débridée pouvait être décochée de la liste. Et remplacée par un affreux mal de crâne et le goût de la réalité. Toujours aussi amère. Il tenta de se redresser mais c'était impossible avec ses poignets entravés. Malgré tout, les flics sursautèrent et braquèrent leurs yeux méfiants sur lui. Il réprima un cri de douleur quand il tenta de remuer sa jambe gauche. Un bandage recouvrait une grande partie de sa cuisse et il portait une de ces blouses ridicules qui vous laissent le cul à l'air.

    « Hé, qu'est-ce que j'fous là ? »

    - T'oses demander ?

    Ben ouais, sa tête lui faisait vraiment un mal de chien. Il n'avait aucune notion du temps. Il lui fallut de longues minutes pour se calmer et se remémorer que la veille, il était censé être à l'entrepôt. Pour accueillir un chargement spécial, plus fourni que d'habitude. Ce n'était pas lui qui s'en chargeait ordinairement, mais là, c'était important. Il était resté avec quelques gars, vigilants mais sans plus. Hier soir était censé se passer parfaitement. Mais il se souvint du premier coup de feu quand l'un des Roads avait ouvert les portes du camion censé contenir la cargaison d'armes. Il avait vu l'un de ses camarades s'effondrer avant de pouvoir saisir sa propre arme et se mettre à couvert. Les mexicains en avaient après eux depuis un moment déjà. Et il avait fallu qu'ils se ramènent ce soir en particulier, quand ce n'était pas Stan qui était là mais lui. Il était le Second après tout, il était censé savoir tout gérer aussi bien que le chef. Chef qui d'ailleurs commençait à être rongé par la maladie. Il s'affaiblissait de semaine en semaine et c'était à Jepharee de gérer les merdes de ce genre.

    Il entendit des cris à sa droite, encore l'un des Roads. Bordel, leurs assaillants étaient mieux organisés que prévus. Il chercha son téléphone dans ses poches avant de réaliser qu'il l'avait posé sur la table, à l'intérieur de l'entrepôt. Quel con. Il ne savait pas combien étaient les mexicains mais ils étaient forcément plus nombreux qu'eux. Il contourna le bâtiment avant de se retrouver face à deux d'entre eux qui n'eurent pas le temps de réagir avant qu'il leur tire rapidement chacun une balle dans le bide. Il courut à l'intérieur de l'entrepôt avant que les tirs ne fassent rappliquer tout le reste de la bande. Il récupéra son téléphone à la seconde où une explosion retentit, lui vrillant le crâne et envoyant valser la moitié du bâtiment. Sa bosse était sûrement due à la poutre qu'il avait violemment heurtée.

    Quand il reprit conscience, des sirènes de flics retentissaient au loin, comme un bruit de fond. Son téléphone dans une main tremblante, son flingue dans l'autre, il se redressa tant bien que mal pour se tirer. Avant qu'un coup de feu retentisse et qu'une balle ne traverse le bord de sa cuisse, lui arrachant un cri. Il tomba à genoux et repéra dans ce chaos un mexicain à moitié estropié par l'explosion, mais le flingue en main. Il lui répondit par une balle qui se perdit dans des débris avant de s'effondrer au moment où un flic s'approchait pour lui gueuler de poser son arme et de mettre les mains en l'air. Et merde.

    Il resta à l'hôpital, enchaîné comme un animal, comme un criminel, le temps de cicatriser. Et d'être en état de passer devant un tribunal. Les charges étaient assez lourdes. Trafic d'armes. Il eut de la « chance » , les deux mexicains qu'il avait blessés s'était apparemment enfuis. Pas d'accusation de meurtre, donc. Il n'avait eu aucun contact avec les Roads depuis sa capture, il n'avait pas pu parler à Stan, il ne savait qui s'en était sorti le soir où tout avait dérapé à l'entrepôt. D'ailleurs, les dernières personnes qu'il vit avant d'être emprisonné, ce ne fut pas ses camarades. Mais ses parents. Qui semblaient en colère. Après lui ? Quelle importance, il avait 13 ans pour réfléchir à tout ça. Au fait que s'il n'avait jamais rejoint les Road's Devils, il serait sans doute en train de se faire dorer la pilule en Californie. Mais malgré tout ce merdier, il ne regrettait aucun de ses choix.



    “It's all about the freedom of the open road. ”


______ _____ ____ ___ __ _

❝ Live Fast. Love Hard. Die Young. ❞
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Directeur Mayers
PNJ
Fondo-Admin
avatar

Messages : 537

Votre Perso
Groupe et métier: Directeur de la Prison
Âge: 37 ans
Amours: Célibataire

MessageSujet: Re: Jepharee Kilmister ✘ ❝ My own private Idaho.❞   Jeu 14 Mar - 10:48

Bonjour !
Ayé, je m'occupe enfin de toi...
Je ne vais pas m'embêter à te faire la petite liste, après lecture, tout est en Ok ! (avec un bonus pour m’avoir fait marrer d'ailleurs)

Donc, félicitations, tu es validé Wink
Pour la suite, pense à faire recenser ton avatar, créer ton carnet dans la partie rumeur et faire ton dossier rp.
Bon jeu !

______ _____ ____ ___ __ _

En cas de question ou problème, merci d'utiliser la Boîte à MP du Staff : ► Click ◄

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Jepharee Kilmister ✘ ❝ My own private Idaho.❞

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Prison Saint James :: Administration. :: Présentations :: Présentations validées :: Détenus Gangs/Mafia-